Tolérance et légalisation

 «La caractéristique la plus frappante du libéralisme, [c’est] l’idée que les convictions morales qui concernent des aspects du comportement personnel n’affectant pas directement la sphère protégée des autres personnes, ne justifient aucune intervention coercitive.» F.A Hayek, Pourquoi je ne suis pas conservateur, 1960

Plus que les arguments économiques, sécuritaires et sanitaires qui viennent appuyer les revendications en faveur de politiques plus tolérantes vis-à-vis de la consommation de drogue, les libéraux ont toujours mis en avant un argument moral qui peut se résumer dans la question suivante : qui suis-je (moi majorité électorale supposée) pour imposer au moyen de la coercition légale et de la violence latente mon plan de vie à d’autres ?

Les défenseurs d’une conception absolutiste de la loi héritée de Rousseau ne sont plus légions aujourd’hui. Le renforcement du contrôle de constitutionnalité depuis 50 ans l’illustre parfaitement. Néanmoins subsistent encore aussi bien à droite (refus d’accorder aux homosexuels l’accès au mariage civil)  qu’à gauche (prohibition du cannabis, loi sur le voile) l’idée que la majorité électorale serait en droit d’imposer à des individus des comportements qui pourtant n’affectent en rien les libertés et droits des autres.
Cette idée est dangereuse. Elle suppose que certains hommes ne serait pas capables de faire les choix dictant leur vie et devrait donc se les voir dictés par l’État et la majorité électorale. Elle ouvre ainsi la voix à différente forme d’arbitraire. Exemple grotesque : à partir du même raisonnement et si une majorité électorale venait à se former le Macdo pourrait être interdit car nocif pour la santé ou la dubstep bannie car nocive pour les oreilles.

La notion de tolérance n’est pas un concept vain. Tolérer les opinions permet de limiter le recours à la violence et la coercition. Aujourd’hui tolérer l’usage récréatif du cannabis c’est limiter la coercition. Accepter des politiques publiques tolérantes ne signifie pas considérer que le cannabis n’est pas nocif pour la santé ou bien qu’en consommer soit bien, c’est simplement accepter que tout le monde ne souhaite pas mener la même vie que soi, accepter que nos principes de vies aussi géniaux que nous les pensions n’ont pas être imposé par la force aux autres, c’est finalement faire preuve de modestie et ça n’empêche pas de se mobiliser dans des associations de prévention et de lutte contre la consommation afin de convaincre plutôt que de contraindre.

 

 

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