Politique monétaire et crise financière


 Parmi les rares acteurs économiques, financiers ou politiques ayant anticipés la crise tous ont attribué à la politique monétaire expansionniste de la FED et dans une certaine mesure de la BCE un rôle important dans la formation de la bulle immobilière et de crédit ayant causé la crise financière.

Des politiques monétaires laxistes.

Aussi bien aux États-Unis qu’en Europe, le début des années 2000 se caractérisent par des politiques monétaires de taux d’intérêts faibles déviant largement des règles jusque là suivies, notamment la règle de Taylor. Le graphique suivant provient de The Economist et propose deux courbes, l’une présentant les taux nominaux existant sur la période et l’autre ceux qui auraient existé si la règle de Taylor avait été respectée comme durant les 20 dernières années.

Capture d’écran 2013-09-13 à 23.43.38

De même en Europe la politique monétaire de la BCE étant appliquée à des pays aux économies différentes notamment en terme d’inflation, les taux nominaux choisis par la BCE ont constitué un écart important à la règle de Taylor pour des pays comme l’Espagne ou l’Irlande. Ce tableau qui provient de travaux de J. Taylor, de UC Berkley illustre la corrélation qui existe entre l’écart à la règle de Taylor (politique de taux «trop» bas contenu de l’inflation) et l’investissement dans l’immobilier. La corrélation est positive.

Capture d’écran 2013-09-14 à 00.21.26

Effets pervers des politiques de taux d’intérêt courts bas.

Deux économistes travaillant à la BCE Angela Maddaloni et José-Luis Peydró montrent dans un paper de 2011 que ces taux courts bas se traduisent par un accès au crédit immobilier plus facile qui conduit à un sur-investissement i.e une bulle : “we find that low (monetary policy) short-term interest rates soften standards, for household and corporate loans“. Ils étudient à partir des sondages sur les conditions de prêts établies par les banques des degrés de standards et trouvent aussi bien en Europe qu’aux États-Unis un lien entre taux courts bas et pratique de prêts laxistes.

Capture d’écran 2013-09-14 à 00.43.39

Les taux d’intérêts bas conduisent aussi les investisseurs vers des produits plus risqués à la recherche de rendements, produits dans lesquels ils n’investiraient pas si les taux n’était pas artificiellement bas.

Enfin un dernier effet pervers des taux bas a pu contribuer à la crise financière : les taux bas indiquent, lorsqu’ils ne sont pas artificiels, une épargne plus importante, signalant aux investisseurs que la consommation future sera forte, le crédit étant facilité, il est intéressant d’investir et facile de le faire. Les nouveaux projets fleurissent, par exemple dans l’immobilier, et lorsque les taux remontent car artificiellement bas, l’illusion disparaît et de nombreux mauvais investissements apparaissent. Il faut les liquider, ce qui entraîne une perte de valeur.

One Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *