Le marché est-il la solution ?

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Par Louis Rouanet.

L’échec du XXème siècle est celui des économies planifiées et dirigistes. Quand le bloc communiste implosa, les socialistes opérèrent, selon l’expression de Jean François Revel, une « grande parade » pour sauver les meubles de leur idéologie en pleine déliquescence. Paradoxalement, leur position devint plus confortable. Ils n’avaient plus à expliquer les résultats déplorables et les atrocités du « socialisme réel ».

À travers le prisme de l’idéal socialiste, ils pouvaient désormais s’indigner contre le système capitaliste. En soulignant ses imperfections, ils croyaient remettre en cause son principe même et justifier l’intervention (plus imparfaite encore) du gouvernement. Mais qui a prétendu que les marchés étaient parfaits ? Personne.

Les libéraux montrent juste que pour certaines activités, le marché (les moyens volontaires) sont plus efficaces que l’intervention gouvernementale (les moyens coercitifs) et il faut bien l’admettre, sur nombre de sujets, l’expérience leur a rendu justice.

Le triomphe du marché

Clarifions certains points. Le marché n’est pas une institution désincarnée qui agit par elle-même. Le marché est une institution sociale, polymorphe selon les cultures et les époques. Nous participons tous au marché et donc dans un sens, le marché, c’est nous. Quand nous parlons du triomphe du marché, nous voulons simplement constater que dans la majorité des situations les individus résolvent plus facilement leurs problèmes et ceux de leurs congénères quand ils sont libres de leurs choix et libre de disposer de leur propriété.

La réussite des économies de marché est incontestable. Il fallut attendre l’arrivée du capitalisme pour que la condition des plus pauvres commence à s’améliorer. Après la deuxième guerre mondiale, l’Italie et l’Allemagne qui acceptèrent l’économie de marché dans sa forme la plus aboutie en réaction au planisme des dictatures fascistes connurent un miracle économique. Parmi les pays en voie de développement, ceux qui réussissent le mieux sont ceux qui maintinrent un gouvernement limité laissant faire leurs citoyens. Pensez au cas de Hong Kong ou encore à celui du Botswana dont le PIB est passé de 70$ à 16 400$ par habitant entre 1966 et 2011.

Une multitude de libéralisations furent des succès éclatants. En 2001, quand l’Irlande libéralisa le secteur des taxis, leur nombre tripla et les prix baissèrent. Quand Reagan libéralisa le marché du gaz, nombre d’intellectuels annoncèrent la hausse des prix et l’engraissement des géants pétrolier. Résultat : les prix baissèrent de 40%. Mais les détracteurs des libéralisations se protègent derrière l’exemple d’une finance qui serait soit disant un symbole du libéralisme contemporain. Cela ne les gêne pas du tout d’omettre que la gestion de la monnaie n’est pas soumise au marché mais à des institutions planificatrices : les banques centrales. Ils omettent également le fait que le secteur bancaire est l’un des secteurs les plus réglementés par les gouvernements.

Le renard compte sur l’Etat pour construire le poulailler

Il est largement admis que le marché, c’est la loi de la jungle. Le ministre de l’économie Emmanuel Macron a lui-même écrit sur son compte Twitter que « le libéralisme, c’est la loi du plus fort, l’esprit des réformes que nous proposons, c’est tout l’inverse ». La loi du plus fort, c’est quand la coercition est utilisée par des criminels ou par l’Etat pour violer son droit à être libre et à posséder sa propriété.

Dénoncer la loi du plus fort c’est ignorer la question : le plus fort à quoi ? Sur le marché, ceux qui sont récompensés sont ceux qui servent le mieux les consommateurs, sur le « marché politique », le plus fort est celui qui obtient faveurs et privilèges de la part de la puissance publique. Les aides aux banques, les subventions aux entreprises… ceci n’est pas le résultat du marché, c’est le résultat de l’étatisme sans limite.

La moralité du marché

Adam Smith l’avait compris, le capitalisme développe le sentiment d’empathie. Le commerce ne se résume pas à l’intérêt. Le commerce, c’est aussi des sourires, des poignées de main et de nouvelles amitiés. L’amicalité est une caractéristique des sociétés de marché.

Chacun, dans une société libre, doit se mettre à la place de l’autre pour comprendre ses besoins et les satisfaire au mieux. Le progrès matériel a pour origine l’intelligence d’entrepreneurs souhaitant servir le mieux possible leurs consommateurs et non des monopoleurs cherchant à soustraire des profits indus grâce à l’obtention de privilèges.

 

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