Inégalités en Droit (2/8)

Les libéraux se sont battus contre toutes les inégalités en droit. Que l’on soit riche ou pauvre, étranger ou national, homme ou femme, on doit avoir les mêmes droits, avoir une même liberté. Ainsi, les libéraux se battirent contre le colonialisme. Frédéric Bastiat y voyait la conséquence logique de la doctrine protectionniste. L’inégalité de droit entre les hommes et les femmes fut combattue par les plus éminents libéraux comme John Stuart Mill qui écrivit « L’assujettissement des femmes », Yves Guyot qui donna des conférences de soutiens aux mouvements féministes ou encore Ludwig von Mises.[1] De même, le racisme fut vivement condamné par les libéraux.[2]

Beaucoup de phénomènes, dans les pays en développement, révèlent de l’inégalité de droit entre individus. Ainsi, les libéraux condamnent sans équivoque les expropriations des petits paysans, des habitants de bidonville ou encore les avantages étatiques aux grandes entreprises, qui bénéficient de privilèges (situations de monopole, subventions…). La reconnaissance légale de droits de propriété dans les bidonvilles et pour les petits propriétaires terriens constitue une solution complètement libérale pour lutter contre la pauvreté. Cela permettrait aux populations les plus pauvres des pays du tiers monde de partir avec un capital de départ par la suite nécessaire pour entreprendre et promouvoir la croissance économique. C’est la théorie développée dans Mystères du Capital par Hernando de Soto. Il écrit :

« La plupart des pauvres possèdent déjà suffisamment de biens pour réussir le capitalisme. En réalité, la valeur de leurs biens est immense : elle s’élève à quarante fois le montant total de l’aide étrangère reçue dans le monde entier depuis 1945. (…) Mais ces ressources ne se présentent pas comme il faudrait (…) Faute de documents désignant nettement leur propriétaire, ces possessions ne peuvent être directement transformées en capital, elles ne peuvent être vendues en-dehors de petits cercles locaux où les gens se connaissent ou se font mutuellement confiance, elles ne peuvent servir à garantir des emprunts, elles ne peuvent servir d’apport en nature lors d’un investissement. »

Le riche a toujours les moyens de faire respecter sa propriété, il a les ressources et les relations pour le faire. La propriété des classes moyennes et populaires, elle, doit être protégée par l’Etat sous peine d’être spoliée. Le respect de la propriété est un puissant moyen pour assurer à la fois le progrès économique et pour éviter la société de la jungle. Une politique de développement est une politique de respect de la liberté et de son corolaire : la propriété.



[2] Voir, Mises, « L’Action Humaine », 1949, Chapitre III, 4,  pour une critique épistémologique du racisme. Ayn Rand a aussi déclarée dans La vertu de l’égoïsme : « Le racisme est la forme la plus abjecte et la plus brutalement primitive du collectivisme. Le racisme reconnaît un groupe et attribue ses vertus ou ses défauts, sa supériorité ou son infériorité à son origine raciale. Or il n’y a que des esprits individuels et des réalisations individuelles. […] Le racisme est porté par le collectivisme et son corollaire l’étatisme. Son seul antidote est la philosophie individualiste et son corollaire le capitalisme de laissez-faire. »

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