Élargissons notre grille de lecture

Face aux défis sociaux, économiques et politiques qui s’élèvent devant les économies développées il est indispensable d’établir un diagnostic précis afin de trouver les bons remèdes. Aujourd’hui nombreux sont les hommes politiques, de Jean-François Copé à Jean-Mélenchon en passant par Marine Le Pen, Jean-Louis Borloo ou encore Nicolas Sarkozy qui accusent le libéralisme de tous nos maux. Cette accusation relève d’une confusion courante entre le libéralisme économique et les notions de capitalisme et d’économie de marché.

Les formules “capitalisme” et “économie de marché” ne sont pas des synonymes de “libéral”. Il s’agit de concepts aussi englobants qu’un taxon en phylogénétique ou bien que le terme arbre fruitier pour parler de végétaux. Le libéralisme dans sa forme économique (nous reviendrons plus tard sur le libéralisme politique et sociétal) n’est qu’une version du capitalisme et de l’économie de marché. Le simple fait que Margareth Thatcher, François Hollande, Barack Obama, Jean Luc-Mélanchon et Bono soient favorables à l’économie de marché illustrent la généralité qui caractérise cette notion.
La forme d’organisation économique qui emporte l’assentiment des libéraux est celle du dite du marché libre. Elle est notamment étudiée, défendue et développée par l’École Autrichienne d’économie, l’École de Chicago, l’École Française classique (oui, même au sein de la famille libérale il existe différents courants…) D’autres courants existent et proposent des systèmes différents. Parmi eux l’École Keynésienne, les sociaux-démocrates, les théoriciens du développement durable… Par exemple, la célèbre revue Alternatives-économiques défend principalement une ligne Keynésienne et est donc favorable à une forme d’économie de marché et au capitalisme.

Ainsi par honnêteté intellectuelle et par souci d’efficacité, au lieu d’accuser malhonnêtement comme Sarkozy l’a fait pendant la campagne le socialisme de tous les maux en parlant de l’Espagne, ou comme le fait aujourd’hui l’ensemble de la classe politique française, le libéralisme, il est indispensable d’élargir notre grille de lecture et d’analyser précisément les systèmes dans lesquels nous vivons. C’est l’objectif de ce premier dossier de la semaine.

2 Comments

  1. […] appelions dans notre premier dossier, chacun d’entre nous à élargir sa grille de lecture, pour une meilleure analyse. Voici quelques clés qui on l’espère aideront à mieux […]

    September 12, 2013
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