Capitalisme de connivence, comment endiguer le phénomène.

 Pourquoi les entreprises investissent des sommes toujours plus importantes dans le lobbying pro-actif * notamment à Bruxelles et aux États-Unis. ? Comment expliquer l’entremêlement entre les grands groupes et l’État en France et ailleurs dans le monde ?

Si Homo Oeconemicus est une modélisation discutable du comportement humain, son application  aux grandes entreprises est peu sujette à discussion et pour cause, les entreprises (particulièrement les grands groupes) cherchent à maximiser leur profit. Si les grands groupes investissent tant dans le lobbying afin d’obtenir des avantages de l’État c’est qu’ils en tirent un grand retour sur investissement : pourquoi ?  Parce que l’étendue du pouvoir de l’État (champ d’action réglementaire, capacité financière, capacité à limiter l’entrée) fait de l’investissement dans le lobbying un excellent placement permettant d’importants retours financiers. Ainsi afin de diminuer le retour sur investissement Luigi Zingales offre trois pistes :

-une taxation progressive du lobbying

– une limitation du champ d’intervention même réglementaire de l’État

– un fonctionnement transparent: par exemple la FED a refusé de donner accès à ses données pour une étude sur l’efficacité des régulateurs financiers, Fannie et Freddie ne sont pas soumis à l’obligation de fournir des données, les réglementations à vouloir tout contrôler se complexifient (le Dodd-Frank fait 2 000 pages) empêchant toute compréhension par les citoyens et facilitant le travail des lobbystes…

En France, le phénomène de lobbying est moins développé notamment parce que le copinage prends d’autres formes, notamment l’existence de lien direct entre les élites économiques et politiques venues des mêmes écoles, souvent nommées par l’État  actionnaire… Ainsi là encore, c’est en limitant le périmètre d’action de l’État qu’il sera possible de mettre fin à ses pratiques de copinage (par exemple Jean Sarkozy à la Défense, S. Royal à la BPI…voir le deuxième article du dossier).

Si l’État doit avoir un rôle en économie  alors ce ne peut être que celui de garantir la compétition et non pas d’être le complice de la construction de barrières à l’entrée  et de politiques annulant toute responsabilité des acteurs économiques à l’aide de subventions par exemple. (Dexia a coûté 6.6 milliards aux citoyens, et son ex-patron a été nommé par l’État pour prendre en charge la régulation financière).

En résumé pour limiter le phénomène de connivence et offrir aux entrants la possibilité de  réussir, il faut limiter le pouvoir de l’État et son champ d’intervention.

 

Be First to Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *